Gard : posé, réservé et travailleur, Brahim broie le crâne de son collègue au marteau

Leutnant
Démocratie Participative
\n27 octobre 2779 (“2026”)

Brahim était gentil et calme et un jour il a décidé de tuer un homme au marteau.

Le Midi Libre :

Brahim. D, ressortissant marocain, travaille en tant que saisonnier sur une structure agricole de Saint-Gilles dans le Gard depuis 2022. Il comparaissait ce jeudi 22 octobre pour avoir grièvement blessé son collègue, en l’attaquant au marteau, le 20 octobre 2025.

Une dispute qui finit en coup de marteau à Saint-Gilles. Le ressortissant marocain de 38 ans a été jugé ce jeudi 22 au tribunal correctionnel de Nîmes, un an après les faits.

Selon le récit fait par le président du tribunal, dans la soirée du 20 octobre 2025, aux alentours de 22 h 55, le prévenu se rend au domicile de son collègue à Saint-Gilles pour récupérer les 80 euros qu’il lui aurait prêté. Une somme qu’il vient récupérer, armé d’un marteau. Le trentenaire décide également de filmer la scène.

Un enregistrement vidéo de 18 minutes qui permettra finalement aux gendarmes de constater, sans grande difficulté, la violente altercation qui aurait pu finir tragiquement. Car, plus tard dans la nuit, la victime est retrouvée en haut de son escalier, à son domicile, ensanglantée.

Âgé de 43 ans, l’homme a subi de graves blessures à la tête. Il présente de lourdes séquelles cognitives comme des troubles du comportement, des absences et des pertes de mémoire.

“Je ne peux plus me repérer dans l’espace, je ne peux plus rester seul”, affirme-t-il à l’audience. “Maintenant je fais des crises d’épilepsies et je ne sens plus la partie gauche de ma tête”. Son avocate, Me Khadija Aoudia insiste sur les conséquences de tels actes : “Il a perdu une partie de ce qui faisait de lui un homme […] Il est devenu l’ombre de qui il était”.

De son côté, la procureure affirme que la “légitime défense ne peut être attestée”. Selon elle, le prévenu présentait une certaine détermination lorsqu’il arrive au domicile de son collègue.

Mais de son côté, Me Rémy Nougier conteste la préméditation de l’acte. L’avocat de la défense affirme que, si son client est venu chez la victime, armé d’un marteau, c’était par précaution, au cas où la situation dégénérait. C’est d’ailleurs pour cette même raison qu’il aurait décidé de filmer la scène. “C’est une bagarre qui a mal tourné […] Il ne demandait que son argent”, déclare-t-il.

Au moment des faits, le prévenu aurait notamment déclaré à son collègue : “Je ne veux pas te frapper mon ami, je ne veux pas te frapper”. Ce dernier, tête baissée durant le procès, ne prend la parole que pour s’excuser : “Encore une fois, je demande pardon. J’ai encore du mal à y croire”, explique-t-il.

Le président aborde alors la personnalité de ce dernier. Brahim D. est décrit par ses collègues comme quelqu’un de posé, réservé et travailleur. Il n’a d’ailleurs aucun antécédent judiciaire sur son casier.

“Je demande pardon, je ne suis pas une personne à problème“, ajoute-t-il, à nouveau. Son avocat, Me Nougier conclut : “On est là pour parler de l’avenir d’un homme. […] Après avoir demandé pardon, il ne demande qu’une chose, c’est un horizon serein.” À l’issue du délibéré, Brahim D. est condamné à six ans de prison ferme avec interdiction du territoire français.

Brahim pourra refaire sa vie au Maroc. Sa victime devra se contenter de manger à la paille pour le restant de ses jours.

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